Je crois me souvenir que dès la Maternelle, mes petits camarades ne partageaient déjà pas les mêmes gouts que moi en matière de jeu de cour de récré. En effet, tandis que les petits voleurs étaient traqués par des gendarmes en herbe, et que les jolies fillettes aux cheveux bouclés étaient sauvées des flammes par de vaillants pompiers débutants, le petit Hugo creusait le bac à sable pour y trouver des cadavres.
Ainsi, j'étais souvent seul. Il m'arrivait parfois de parvenir à convaincre un de mes camarades de jouer avec moi, mais en règle général, ce dernier se lassait vite et retournait à des jeux plus basiques.
Les choses ont continué de la sorte durant de nombreuses années, à la seule différence que mes jeux devenaient plus complexes au fil des années, et que la répulsion de mes camarades elle, était croissante. J'étais cependant bonne élève, et cela m'a permit de passer plus ou moins inaperçu auprès de mes professeurs, et surtout, de mes parents.
Puis vint le collège... Merde, les choses se sont vite avérées différentes. J'étais un gamin de sixième sans défense, petit et maigrelet. Il faut croire que j'avais une gueule de victime, car dès les premières semaines dans ce bahut de merde, elle a commencé a encaisser les coups. Je ne tiens pas à raconter en détail cet épisode de ma vie. Déjà, parce que sa prendrait trop de temps, et que ce ne serait que la récapitulation monotone d'actes d'humiliation incessants.
Mon seul échappatoire était de simuler le plus souvent possible des maux de ventre (ou de têtes) pour quitter, le temps d'une journée, l'endroit que je considérais à l'époque comme l'enfer.
Cependant, mes absences répétées finirent par alerter mes professeurs, qui eux-mêmes alertèrent mes parents, à qui je fus obligé de tout raconter sous peine d'être considéré comme un sécheur de cours.
Résultat : début de ma période « psy », et changement de lycée prévu pour l'année d'après.
Tout ceci n'a pas donné grand chose. Les psychologues que je voyaient essayaient tous désespérément de me foutre une étiquette qui collerait avec ce qu'ils avaient appris en faculté, et quant à mon nouveau lycée, les choses n'ont été que pires. J'avais en effet un « ami », un certain Jeff qui a été autant mon ami que mon pire ennemi. Mais je parlerai de lui plus tard, à l'instant où son personnage prendra étrangement de l'importance dans ma petite histoire.
J'ai bénéficié de deux années de répit avec ma quatrième et ma troisième. Je n'avais pas vraiment d'amis, mais au moins, je n'avais aucun ennemi. Durant cette trêve, mes pulsions morbides et criminelles ont été comme mises en veille ( inutile de préciser que celles-ci atteignaient des sommets les deux années précédentes).
Puis vint le lycée...